Archives de catégorie : Revue de presse

Saint-Ouen: 2,6 millions d’euros de vêtements contrefaits saisis aux Puces

Le stock de milliers de pièces de contrefaçons de marques a été trouvé dans un box, passage Marceau. Un homme a été interpellé dimanche.

Des parkas Canada Goose (presque) plus vraies que nature, des polos Lacoste, des paires de basket Nike, des tenues North Face, Horspist et Parajumper. La parfaite garde-robe pour les accros du sportswear a été saisie dans le marché aux puces de Saint-Ouen, dimanche après-midi. Valeur marchande: 2,6 millions d’euros !

Une prise record réalisée par la brigade territoriale de contact des puces du commissariat de Saint-Ouen. Cette unité de six fonctionnaires patrouille exclusivement sur ce périmètre devenu, au fil des ans, le temple de la contrefaçon. « La grande majorité de la marchandise vendue sur ces stands sont des copies », précise un policier.

Régulièrement, les fonctionnaires tombent ainsi sur des articles qui ne sont que la pâle copie des marques réputées. Mais la saisie de dimanche est l’une des plus belles opérations jamais réalisées par l’équipe de Saint-Ouen.
Dimanche vers 16 heures, passage Marceau, une ruelle qui fait la jonction entre la rue des Rosiers et l’avenue Michelet en bordure du périphérique, les policiers remarquent un homme sortant d’un box chaudement emmitouflé dans une doudoune. Ils ont tout de suite l’œil attiré par le logo du blouson, qui semble tout droit sorti d’un atelier de contrefaçon.

Parkas, doudounes, baskets…

Poussant la porte de la réserve, ils tombent alors sur ce qui ressemble à l’antre d’un grossiste. Les vêtements sont bien emballés dans leur plastique. Il s’agit à première vue d’articles de marque. Il s’avère que tous ne sont que de piètres imitations des pièces que s’arrachent les jeunes.

Les enquêteurs dénombrent 1 225 parkas et doudounes Canada Goose, d’une valeur estimée en boutique à 980 000 €. Une doudoune Canada Goose se vend autour de 800 € dans le circuit officiel. Sur place également, 5 824 articles siglés Lacoste, 705 estampillés Horspist, 1 085 tee-shirts Philippe Plein, 877 baskets et survêtements Nike et 250 tenues North Face.

La marchandise sera détruite

Le porteur de la fausse doudoune a été interpellé. La marchandise saisie, elle, sera réduite en cendres brûlées dans un incinérateur.

Reste maintenant aux enquêteurs à remonter jusqu’au véritable propriétaire de cette juteuse marchandise. Une tâche compliquée par le dédale de prête-nom et de baux recédés relatifs à ce genre de commerces.

Depuis une dizaine d’années, la contrefaçon gagne régulièrement du terrain, alimentant une économie grise. « C’est un marché qui génère énormément d’argent. Tous ces stocks sont payés en liquide », indique un connaisseur. Ajoutant que « les circuits entre la contrefaçon et le trafic de drogue sont étroitement mêlés ».

Pour les marques de prestige, ce commerce parallèle porte atteinte à leur image et représente aussi un manque à gagner, en détournant des clients potentiels de l’enseigne.

Nathalie Revenu

leparisien.fr (10/12/18)

La saveur d’un produit alimentaire ne peut être protégée par le droit d’auteur

Bruxelles, 13/11/2018 (Agence Europe) – Ne pouvant être qualifiée d’« œuvre », la saveur d’un produit alimentaire ne peut pas bénéficier d’une protection par le droit d’auteur, a estimé la Cour de justice de l’UE dans un arrêt rendu mardi 13 novembre (affaire C-310/17).
Aux Pays-Bas, la société Levola, qui dispose depuis 2011 des droits de propriété intellectuelle du fromage à tartiner à la crème fraîche et aux fines herbes Heksenkaas, a saisi la justice néerlandaise pour interdire la commercialisation du Witte Wievenkaas, fromage à tartiner produit par la société Smilde, au motif que ce dernier porte atteinte à ses droits d’auteur sur la « saveur » du Heksenkaas au sens de la directive (2001/29).
Dans son arrêt, la Cour reprend à son compte le raisonnement de l’avocat général et donne tort à la société Levola (EUROPE 12070).
D’après le juge européen, pour être protégée par le droit d’auteur, la saveur d’un produit alimentaire doit être qualifiée d’« œuvre » au sens de la directive. Une telle qualification suppose que l’objet concerné soit une création intellectuelle originale et exige une « expression » pour rendre cette création identifiable avec suffisamment de précision et d’objectivité.
En effet, au sens de l’accord à l’OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, auquel l’UE a adhéré (décision 94/800 du Conseil), et du traité de l’OMPI approuvé par l’UE (décision 2000/278 du Conseil), les expressions peuvent être protégées et non les idées, les procédures, les méthodes de fonctionnement ou les concepts mathématiques.
Dans ce contexte, la Cour constate qu’une identification précise et objective de la saveur d’un produit alimentaire est impossible. À la différence d’une œuvre littéraire ou cinématographique, l’identification de la saveur d’un produit alimentaire repose sur des sensations et des expériences gustatives qui sont subjectives et variables et n’est pas possible par des moyens techniques en l’état actuel du développement scientifique. (Mathieu Bion)

Ces nouveaux détectives du Net traquent les contrefaçons

Les grandes marques et les sites de e-commerce ont affaire à des réseaux de contrefaçons de plus en plus sophistiqués. Pour y faire face, ils font appel à une nouvelle génération de cyberenquêteurs.
Chez une inoffensive mère de famille, les douaniers sont tombés récemment sur 7 000 pièces de contrefaçon prêtes à être revendues sur Internet. « Elle n’a pas été compliquée à trouver, elle utilisait son vrai nom et son adresse postale », rit Luc Périgne, directeur du renseignement douanier. Amusant sauf que, comme elle, ils sont nombreux à inonder Facebook, Instagram, Amazon ou eBay de contrefaçons principalement importées de Chine.

Certes, depuis 2009, la France s’est dotée d’une équipe spécialisée de cyberdouaniers. La même qui a démantelé en juin la Main noire (Black Hand), une plateforme qui, sur le Dark Net, vendait tout un tas de produits illicites. Mais le phénomène a pris une telle ampleur que les états sont débordés.

L’an dernier, les douanes européennes ont saisi 31 millions d’articles de contrefaçon. Et ce n’est que la face émergée de l’iceberg. Médicaments, hi-fi, jouets, vêtements… En France, l’activité des faussaires « coûte chaque année 7 milliards d’euros et 35 000 emplois », indique Delphine Serfati-Sobreira, directrice générale de l’Union des fabricants (Unifab).

10 % des produits vendus en ligne

On est loin de la vente à la sauvette. « La contrefaçon concerne 10 % des produits vendus sur les sites d’e-commerce, les réseaux sociaux et le Dark Net », s’inquiète Dominique Lapprand, secrétaire général de l’Association de lutte contre le commerce illicite (ALCCI).

Le fléau est de plus en plus complexe à combattre. « Nous avons découvert une galaxie de milliers de réseaux de contrefaçon qui maîtrisent les nouvelles technologies et toute la chaîne de l’atelier de fabrication au paiement en ligne », confie Hervé Putigny, ancien gendarme et cofondateur de Webdrone, une start-up spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité.

Autre obstacle dans cette bataille contre les mafias du Web, « certains e-commerçants sont encore trop laxistes », déplore Dominique Lapprand. Ainsi, Le Bon Coin a été condamné fin 2015 pour avoir diffusé des annonces illégales et le site de shopping de Facebook regorge de produits contrefaits.

Une cellule spécialisée chez Rakuten France

En mars, la Commission européenne a donc tapé du poing sur la table et appelé les acteurs d’Internet à faire eux-mêmes la police. « L’État ne peut pas tout, approuve Dominique Lapprand, c’est aux acteurs privés de se mobiliser. » À l’instar de la cellule anticontrefaçon créée chez Rakuten France (ex-PriceMinister). « Nous les avons d’ailleurs aidés à former leurs contrôleurs, signale la directrice générale de l’Unifab. Facebook, qui n’avait pas anticipé la profusion de contrefaçons sur sa marketplace, est à son tour en train de mettre en place une équipe et Le Bon Coin, sensibilisé au sujet, est beaucoup plus vigilant. »

Aux anciens flics reconvertis en enquêteurs privés ont succédé, au sein des marques, des e-commerçants ou des prestataires spécialisés, de véritables cyberdétectives. Qui sont-ils ? Chez Webdrone, ils sont issus de l’intelligence économique, des unités anticybercriminalité de la gendarmerie ou des écoles de commerce qui forment à la gestion des risques criminels.

Traquer sur Internet les réseaux de faussaires, « c’est devenu un métier à part entière, observe Delphine Serfati-Sobreira. D’autant que la qualité des contrefaçons ne cesse de s’améliorer. D’autres métiers, centrés sur la traçabilité des produits, deviennent aussi de plus en plus pointus pour permettre aux opérateurs publics et privés de remonter les filières de contrefaçons et de ventes illicites. »


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EN CHIFFRES
31 millions d’articles de contrefaçon ont été saisis en 2017 par les douanes européennes.
7 milliards d’euros et 35 000 emplois, c’est ce que coûte l’activité des faussaires en France, selon la directrice générale d’Unifab.
10 % des produits vendus sur les sites d’e-commerce, les réseaux sociaux et le Dark Net sont de la contrefaçon, affirme le secrétaire général de l’ALCCI.


Marc Lomazzi avec Aurélie Lebelle


leparisien.fr (21/10/18)

Propriété industrielle: des entreprises plus conscientes des enjeux économiques

Start-up, PME, grands groupes sont plus nombreux à avoir recours aux outils de la propriété industrielle et intellectuelle pour protéger leurs innovations. Malgré les coûts et la complexité des procédures administratives…
Protéger son savoir-faire, son identité, sa réputation est un passage obligé pour toutes les entreprises, dans un contexte de concurrence mondialisé exacerbé. Les PME commencent à s’y mettre doucement. En 4 ans, le nombre de brevets déposés par les entreprises moyennes a augmenté de 7%. De leur côté, les start-up ont bien compris l’importance des actifs de propriété industrielle pour leur développement et leur recherche de financement.

Enfin, les grands groupes renforcent leurs services dédiés au dépôt, à la protection et à la valorisation de leurs porte-feuille de brevets. « La propriété industrielle est un outil pour des personnes qui veulent valoriser leurs créations. Dans une entreprise normalement organisée cela doit être le cas », assure Philippe Blot, conseil en propriété intellectuelle et président du cabinet Lavoix, spécialisé en propriété intellectuelle.

La propriété industrielle offre un éventail large de protections

L’arsenal juridique mis à disposition des entreprises est important. Le brevet pour sécuriser les inventions à caractère technique. Les marques pour se faire connaitre et reconnaître. Les dessins et modèles, en 2D et 3D, pour différencier l’apparence de ses produits. Enfin, le droit d’auteur pour la création intellectuelle.

La stratégie d’une entreprise doit être adaptée à ses propres besoins. « Si on ne protège pas ses droits en amont sur un marché donné, on ne peut pas aller attaquer les potentiels contrefacteurs dans ce pays-là. C’est très important d’avoir une vision globale et stratégique de son portefeuille pour qu’il corresponde à son business », conseille Camille Pecnard, avocat et responsable du pôle juridique du cabinet Lavoix.

Les entreprises françaises en retard

Pour évaluer son potentiel en matière propriété industrielle, l’institut français (INPI) propose aux entreprises des pré-diagnostics gratuits . Un plan d’action est ensuite défini afin de dégager des pistes pour une stratégie de protection adaptée. En complément, des masterclass à destination des dirigeants sont aussi organisées, toujours dans cette optique de sensibiliser à la propriété industrielle.

L’enjeu est de taille : les entreprises françaises utilisent moins que leurs homologues allemandes cet arsenal juridique. Ainsi, en 2017, 10.599 demandes de brevets ont été déposées par les entreprises et organismes français auprès de l’Office européen des brevets , contre plus du double pour les allemands. « Les Allemands ont une culture différente de la nôtre. Ils étaient plus dans l’industrie lourde et déposent plus de brevets », confirme Martine Clémente, directrice de l’action économique de l’INPI. Mais les habitudes françaises commencent à bouger.

Les start-up en avance, les PME à la traîne

De plus en plus d’entreprises se dotent d’un service dédié. Les procédures complexes de dépôts nécessitent en effet des compétences précises. « Le poste d’IP est de plus en plus vu comme un rôle stratégique dans les sociétés », analyse Guillaume Ferré, directeur conseil et stratégie chez Questel. A commencer par les start-up plutôt en avance  sur ce terrain. « C’est un phénomène un peu nouveau. Petit à petit, on est passé d’une simple tactique à une vraie feuille de route », ajoute Guillaume Ferré. L’INPI l’a d’ailleurs bien compris et accompagne de plus en plus de start-up dans l’élaboration de leur stratégie de propriété industrielle.

Cette prise de conscience est aussi provoquée par les investisseurs. Les brevets rassurent et crédibilisent un business plan . « La compétitivité d’un pays, c’est l’innovation. Et dans un contexte fortement concurrentiel et mondialisé, qui dit innovation dit protection. Protéger l’innovation, c’est la valoriser, c’est favoriser la compétitivité des entreprises », souligne Pascal Faure, récemment nommé directeur général de l’INPI.

Contrairement aux start-up, les PME n’ont pas pris l’entière mesure de la propriété industrielle. « Il y a toujours plein d’autres priorités. Cela arrive dans l’urgence plutôt que dans la prévision », déplore Guillaume Ferré. D’autant que, à l’inverse des start-up, les PME n’ont pas toujours recours à des investisseurs extérieurs financer leur croissance.

Le dépôt de brevet en passe d’être simplifié

Les réticences des entreprises pour recourir au brevet sont sa complexité et son coût. « Cela coûte sur une durée de 20 ans, par brevet, par pays et par an, autour de 800 euros », affirme Philippe Blot. Les démarches pour couvrir un nombre de pays important sont nombreuses. Une fois obtenu, le brevet doit être étendu. Et cela prend beaucoup de temps et d’argent. Raison pour laquelle, l’Union européenne et la France ont engagé des réformes de simplification.

La plupart des États membres de l’Union européenne ont convenu de créer un brevet unique. En avril 2018, malgré le Brexit, le Royaume-Uni a ratifié le traité sur la juridiction unifiée qui va permettre la création de ce brevet unitaire européen . Mais aujourd’hui, c’est en Allemagne que cela coince. La procédure a pris du retard outre-Rhin, un recours a été déposé devant la Cour constitutionnelle du pays par un particulier. Si les choses suivent leurs cours normalement, le brevet unitaire pourrait voir le jour en 2019.

En France, le projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises (dite loi PACTE), contient également plusieurs mesures relatives à l’innovation. La création d’une demande provisoire de brevet est notamment prévue. Elle serait limitée à 12 mois et permettrait aux PME françaises de déposer un brevet à moindre coût.

Thibault Marotte

lesechos.fr (27/09/18)

Le Parlement européen adopte enfin sa position de négociation sur la réforme du droit d’auteur

Strasbourg, 12/09/2018 (Agence Europe) – Est-ce l’exclusion des petites entreprises de l’article 13 ou les clarifications sur les hyperliens à l’article 11 qui ont fait la différence par rapport à juillet ? Ce qui est sûr, c’est que le Parlement s’est finalement prononcé, mardi 11 septembre en faveur de la réforme du droit d’auteur. Le texte suit l’approche du PPE et a été adopté grâce au soutien massif du groupe S&D.

Le suspense est demeuré entier jusqu’au bout, les réunions de groupe de la veille n’ayant pas permis de clarifier les positions. D’aucuns craignaient donc que le scénario du 5 juillet se reproduise, quand le Parlement européen avait rejeté le mandat de négociation octroyé préalablement par la commission des affaires juridiques au motif que cela entraînerait de la censure (EUROPE 12056). Mais ce scénario ne s’est pas reproduit : 438 députés ont voté pour le texte final, 226 contre et 39 se sont abstenus. La différence était moins tranchée sur les dispositions les plus controversées, qui ont été approuvées à une petite centaine de voix de différence.

Des clarifications par rapport à juillet

Le texte final ne diffère qu’à la marge de la version adoptée par la commission des affaires juridiques en juin. Les amendements veillent principalement à clarifier certaines dispositions et à introduire certaines sauvegardes.

Il reprend l’idée d’un droit voisin pour les éditeurs de presse valable 5 ans (article 11), à la grande satisfaction des éditeurs de presse. La nouvelle formulation précise que ce droit ne s’applique pas aux « simples hyperliens accompagnés de mots isolés » et n’a pas d’incidence sur les utilisateurs particuliers qui utilisent légitimement ce contenu. Il ajoute que les auteurs doivent recevoir une part appropriée des recettes perçues par les éditeurs de presse.

Sur la question de l’écart de valeur (article 13), le texte prévoit davantage de responsabilités pour les plates-formes qui donnent un large accès à des œuvres protégées puis les optimisent et les développent à des fins lucratives, et exclut les petites et les micro-entreprises (recommandation 2003/361). Il charge ces plates-formes de conclure des accords de licence « justes et appropriés » avec les titulaires de droit. Si les titulaires ne veulent pas conclure de tels accords, le texte prévoit que les parties « coopèrent de bonne foi » pour empêcher la disponibilité et la réapparition des œuvres en question.

A contrario, les tentatives de certains députés d’élargir les exceptions aux règles de droit d’auteur au-delà de ce qui figurait dans la proposition de la Commission ont échoué. Ainsi, les propositions relatives à la liberté de panorama, aux exceptions pour les contenus générés par des utilisateurs et pour les communautés d’apprentissage ouvert n’ont pas été retenues.

Le rôle des groupes S&D et CRE

En ligne générale, les groupes PPE et S&D ont voté en faveur du mandat, les Verts/ALE, l’ELDD, la GUE/NGL et les Non-Inscrits ont voté contre, tandis que l’ADLE, le CRE et l’ENL étaient divisés. Rappelons qu’en juillet, le groupe S&D était largement divisé, tandis que le CRE avait voté majoritairement contre le rapport.

D’après la députée Virginie Rozière (S&D, française), qui avait défendu vigoureusement la réforme depuis le début, plusieurs raisons permettent d’expliquer ce résultat : « D’abord, il y a eu des amendements qui ont cherché à répondre aux craintes. Ensuite, des députés avaient voté contre à l’époque pour se donner le temps de la réflexion. Enfin, cela fait suite au travail de tous les collègues », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle joué par la socialiste italienne Silvia Costa. Pour rappel, le rapporteur fictif socialiste, Lidia Geringer de Oedenberg (polonaise), était en effet contre un nouveau droit voisin, lui préférant une ‘présomption de représentation’, et pour un champ plus réduit pour les plates-formes concernées par les accords de licence.

Du côté des libéraux, le débat en groupe politique, la veille du vote, a confirmé d’importantes divisions. Jean-Marie Cavada (ADLE, français) dément avoir été interpellé par le président de la République française pour l’inviter à retirer ses amendements. « Tout ce que je sais, c’est que M. Macron et Mme Merkel en ont parlé en vue de faire reculer les ‘anti-droits d’auteur’ », a indiqué le rapporteur fictif libéral.

Réactions attendues de la part des lobbies

Vu l’intense lobbying entourant ce dossier, il n’est pas étonnant qu’une avalanche de réactions aient suivi le vote.

Parmi les heureux, citons la Commission, le Groupement européen des sociétés d’auteurs et compositeurs (GESAC), la Société des auteurs audiovisuels (SAA), la Fédération des réalisateurs européens (FERA), la Fédération des scénaristes en Europe (FSE), la Fédération des éditeurs européens (FEE), les entreprises de musique indépendantes (Impala), la Société civile des auteurs multimédia (Scam), les associations d’éditeurs de musique (Icmp), etc.

Les détracteurs de la réforme, parmi lesquels l’association des plates-formes en ligne Edima, ont pour leur part exprimé leur déception. Ainsi, Edima et l’organisation internationale de défense des droits civils sur internet (EDRI) ont insisté sur le fait que le texte adopté divergeait peu de celui rejeté en juillet.

En ce qui concerne les autorités nationales, l’Italie a qualifié le feu vert du Parlement de « honte tout européenne » légalisant la censure préventive, tandis que la France s’est félicitée de l’issue du vote.

Prochaines étapes : les négociations

À l’issue du vote, les députés se sont prononcés à main levée pour renvoyer le dossier en commission des affaires juridiques (JURI) pour entamer les négociations interinstitutionnelles. D’après le service de presse du Parlement européen, la commission JURI ne devra pas s’exprimer en tant que commission. « Ce renvoi est en fait un renvoi au rapporteur et aux rapporteurs fictifs pour entamer les négociations. »

La principale différence entre le Parlement européen et le Conseil porte, à l’article 13, sur l’exclusion des petites entreprises et des micro-entreprises de la part du Parlement et les mesures d’atténuation soutenues par le Conseil. (Sophie Petitjean)

Droits voisins : une question de vie ou de mort pour la démocratie

Les Echos, Sammy Ketz,

LE CERCLE / OPINION. Les médias ont trop longtemps subi sans réagir la diffusion gratuite de leurs contenus sur Google ou Facebook. Le projet des « droits voisins », soumis au vote des députés européens, veut obliger les plates-formes à partager leurs recettes commerciales avec ceux qui produisent ce qu’elles diffusent. Un enjeu crucial pour maintenir une information de qualité, indispensable à la démocratie.

Chers députés européens,

J’effectuais un reportage à  Mossoul , l’ancienne capitale de l’Etat islamique, sur la rentrée des classes après trois ans de fermeture par les djihadistes.

J’étais assis avec le photographe, le vidéaste et le chauffeur de l’AFP dans un restaurant avant de repartir pour Bagdad, quand j’ai lu sur mon ordinateur un article qui m’a interloqué sans vraiment m’étonner,  sur les débats européens relatifs aux « droits voisins » et au projet de leur application aux entreprises de presse.

Soyons concrets. En plus de quarante ans de carrière, j’ai vu le nombre de journalistes sur le terrain diminuer de manière constante alors que les dangers n’ont cessé de croître. Nous sommes devenus des cibles et les reportages coûtent de plus en plus cher. Finie l’époque où j’allais à la guerre, en veste, ou en bras de chemise, un carnet dans ma poche, aux côtés du photographe ou du vidéaste. Aujourd’hui, il faut des gilets pare-balles, des casques, des voitures blindées, parfois des gardes du corps pour éviter d’être enlevés, des assurances. Qui paie de telles dépenses ? Les médias et cela est onéreux.

Or, les médias qui produisent les contenus et qui envoient leurs journalistes risquer leur vie pour assurer une information fiable, pluraliste et complète, pour un coût de plus en plus élevé ne sont pas ceux qui en tirent les bénéfices mais des plates-formes qui se servent sans payer. C’est comme si vous travailliez mais qu’une tierce personne récoltait sans vergogne et à l’oeil le fruit de votre travail. Si du point de vue moral c’est injustifiable, du point de vue de la démocratie ça l’est encore plus.

Il faut cesser de gober le mensonge colporté par Google et Facebook selon lequel la directive sur les droits voisins menace la gratuité d’Internet.

Combien d’amis ont cessé de raconter car leur média fermait ou ne pouvait plus payer. Jusqu’à ce qu’ils rangent leur stylo, posent leur appareil photo ou leur caméra, ils avaient partagé avec moi des peurs effroyables, terrés derrière un mur qui tremblait autant que nous sous l’impact des explosions, des joies indescriptibles quand nous arrivions au but, que nous allions raconter au monde la « vérité » que nous avions vue de nos propres yeux, des rencontres inouïes avec des seigneurs de guerre et leur cour d’hommes armés jusqu’aux dents, la poignante tristesse qui s’emparait de nous face à des civils hébétés pris au piège, des femmes protégeant maladroitement leurs enfants alors que les balles entaillaient le mur du réduit où elles avaient trouvé refuge.

Vers une presse sans journalistes

Les médias ont subi longtemps avant de réagir, s’en prenant aux conséquences plutôt qu’aux causes. Faute d’argent, on licencie les journalistes au point d’arriver parfois à la caricature : un journal sans journalistes ou presque. Désormais, ils veulent faire valoir leurs droits pour pouvoir continuer à informer, ils demandent que soient partagées les recettes commerciales avec les producteurs de ces contenus, qu’ils soient médias ou artistes.  C’est ça les « droits voisins ».

Il faut cesser de gober le mensonge colporté par Google et Facebook selon lequel la directive sur les « droits voisins » menace la gratuité d’Internet, NON. La gratuité existera sur Internet car les géants du Net, qui captent actuellement les contenus éditoriaux GRATUITEMENT et engrangent des recettes publicitaires de ce fait, peuvent rétribuer les médias sans faire payer les consommateurs.

Difficile ? Impossible ? Pas du tout. Facebook a réalisé un bénéfice en 2017 de 16 milliards de dollars et Google de 12,7 milliards dollars. Il faut tout simplement qu’ils paient leur écot. Ainsi les médias continueront à vivre et eux participeront au pluralisme et à liberté de la presse auxquels ils se déclarent attachés.

Je suis convaincu que les députés abusés par un lobbying mensonger ont désormais compris que la gratuité d’Internet n’est pas en cause.

De nombreuses fois, j’ai rencontré des gens assiégés, isolés, sans défense, qui demandaient seulement une chose : « Racontez ce que vous avez vu, ainsi nous aurons une chance d’être sauvés. » Dois-je leur dire : « Non, perdez vos illusions, nous sommes les derniers journalistes, bientôt vous n’en verrez plus car ils vont disparaître faute de moyens. » ?

Il faut savoir que Facebook et Google n’emploient aucun journaliste et ne produisent aucun contenu éditorial, mais ils se rémunèrent par la publicité associée au contenu que les journalistes produisent.

Chaque jour encore, les journalistes enquêtent dans tous les domaines pour informer les citoyens. Chaque année des prix récompensent les journalistes les plus courageux, intrépides, talentueux. Il ne faut pas que ce siphonnage qui dépouille les médias des recettes auxquelles ils ont droit aboutisse un jour à ce qu’il n’y ait plus de prix à distribuer faute de candidats ayant eu les moyens d’aller sur le terrain.

Il est temps de réagir. Le Parlement européen doit voter massivement en faveur de l’application de « droits voisins » aux entreprises de presse pour que vivent la démocratie et un de ses symboles les plus remarquables : le journalisme.

Sammy Ketz est directeur du bureau de l’AFP  à Bagdad,  lauréat du Prix Albert Londres 1988 et du Prix Bayeux des correspondants de guerre 2003

Pas de « start-up nation » sans protection du logiciel

Le Cercle Les Echos

LE CERCLE/TRIBUNE – Si la France veut faire émerger des géants du numérique, elle doit faire en sorte que logiciels et brevets soient considérés à valeur égale. Le projet de loi de Finances 2019, actuellement en préparation, est une occasion à saisir.

La France peut créer de grands champions de la tech si elle place le numérique au coeur de sa politique économique et industrielle. Le XXe siècle avait consacré le brevet comme critère d’innovation, le XXIe siècle positionne désormais le logiciel au coeur des stratégies d’innovation. Le projet de loi de Finances 2019 actuellement en préparation doit être l’occasion de mieux prendre en compte le secteur numérique pour que logiciel et brevet soient considérés à valeur égale.

Notre pays a tous les atouts pour être une « start-up nation ». Il en a les talents et l’énergie. Si les pouvoirs publics incitent toujours plus à l’usage des outils digitaux au sein de l’Etat et de la sphère privée, nos pépites du numérique restent encore trop peu nombreuses. Cette situation est paradoxale, puisque notre savoir-faire dans ce domaine est largement convoité par les géants du Web, qui n’hésitent pas à « acheter », sur le territoire français, nos talents et nos start-up.

L’innovation, au-delà du brevet

Le problème ne se situe pas au niveau de la création de start-up : la France est dans le peloton de tête mondial. Il ne s’agit pas non plus d’une pénurie du capital-développement : des fonds investissent régulièrement dans des entreprises de la tech française à différents stades de développement, même si les montants ne sont pas équivalents à ceux connus aux Etats-Unis.

Le blocage provient surtout des conditions offertes à nos entreprises. Quand nos start-up croissent, elles sont trop souvent rachetées avant d’avoir pu atteindre le succès et l’influence nécessaires. Il en résulte une fuite de leurs talents, combinée à la délocalisation de leur propriété intellectuelle.

En effet, le logiciel n’est actuellement pas considéré comme de l’innovation au même titre que le brevet. On associe le brevet à des activités à haute valeur ajoutée qui procurent aux entreprises un différenciateur sur le long terme en contrepartie d’un investissement initial important. Or le logiciel en tant que tel n’est pas brevetable : à l’heure du numérique, il devient donc essentiel de favoriser l’innovation au-delà du brevet.

Puissant signal économique

Afin de conserver les champions français du numérique, il est nécessaire de faire évoluer le régime fiscal de la propriété intellectuelle pour prendre en compte cette nouvelle dimension. Le débat qui va s’ouvrir devant le Parlement à l’occasion du vote du projet de loi de Finances 2019 est une opportunité unique pour faire vraiment entrer l’économie française dans l’ère du numérique.

Il faut étendre le champ d’application de notre « patent box » française pour qu’elle inclue désormais le logiciel. Cette évolution serait en ligne avec ce qui existe ailleurs, notamment aux Etats-Unis, en Italie, aux Pays-Bas ou en Belgique. Cela permettra à la France d’ancrer sa volonté de rester à la pointe en matière de numérique et de conserver sa compétitivité.

L’Etat enverra ainsi un signal politique et économique fort, nécessaire pour marquer l’essai par rapport à l’ambition numérique du Président Macron. Cette initiative soutiendra la dynamique entrepreneuriale française dans le numérique. Elle portera les investissements dans l’innovation logicielle pour qu’ils portent leurs fruits dans notre pays. Il n’y aura pas de « start-up nation » sans protection du logiciel.

Cette tribune est signée par un collectif de dirigeants d’entreprise de l’édition de logiciels, dont : Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes ; Philippe Lazare, président-directeur général d’Ingenico Group ; Pierre-Marie Lehucher, président de Tech in France et président-directeur général du Groupe Berger-Levrault ; Pascal Houillon, directeur général de Cegid Group. La liste complète est consultable sur « Le Cercle Les Echos ».

Autres signataires : Vincent Chaillou, directeur général délégué d’ESI Group ; Bertrand Diard, président-directeur général d’Influans et cofondateur de Talend ; Jamal Labed, président-directeur général d’EasyVista ; Stanislas de Rémur, président-directeur général d’Oodrive ; Jean-Stéphane Arcis, président-directeur général de Talentsoft.

Indications géographiques : des labels au compte-gouttes pour les produits manufacturés

L’homologation vendredi 29 juin de la pierre de Bourgogne porte à quatre le nombre d’indications géographiques de produits manufacturés depuis 2015. Un démarrage lent du dispositif qui vient au secours d’entreprises en difficulté.

Vendredi 29 juin, l’indication géographique (IG) de la pierre de Bourgogne a été annoncée au « Journal officiel ». Quasi un an pile après le  dépôt du dossier à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) qui délivre ou refuse le précieux sésame. Cette homologation porte à quatre le nombre d’indications géographiques obtenus par des produits manufacturés, depuis l’entrée en vigueur du dispositif en juin 2015. Carole Delga, alors secrétaire d’Etat chargé du commerce et de l’artisanat, s’était inspirée des IGP pour les produits agricoles et alimentaires pour transposer cette protection dans le domaine industriel.

200 produits éligibles

Une exigence pour l’obtenir : les produits doivent être liés à un territoire par des « caractéristiques, un savoir-faire ou un procédé de fabrication ». Trois ans après la parution du décret, le bilan des heureux élus est maigre : les sièges de Liffol, qui ont décroché les premiers le sésame en décembre 2016, le granit de Bretagne en janvier 2017, la porcelaine de Limoges en décembre 2017, et depuis vendredi, la pierre de Bourgogne.

L’Etat avait à l’époque évalué à 200 le nombre de produits potentiellement éligibles. La dentelle de Calais, les parapluies d’Aurillac avaient été évoqués comme étant dans les starting-blocks. Mais plus de nouvelles d’eux à ce jour.


Indications géographiques : des labels au compte-gouttes
        pour les produits manufacturés

Cahier des charges commun

Pourquoi si peu d’homologations ? « C’est un dispositif récent, qui démarre, et nous estimons qu’il démarre bien, la qualité des dossiers est là, mais nous ne voulons pas homologuer tout et n’importe quoi », répond Antoine Ginestet, responsable des IG à l’INPI. A titre de comparaison, depuis son extension au niveau européen en 1992, on compte à ce jour 213 IGP, dont 74 dans les vins. « Mais cela a mis dix ans avant de prendre », glisse un observateur.

A ce jour, l’INPI a enregistré treize dépôts de dossiers manufacturés. Curieusement, ceux très médiatisés, comme le couteau de Laguiole et le savon de Marseille, qui avaient déclenché la mise en place du dispositif, ne sont pas homologués. Leur cas illustre bien la difficulté du dispositif. Les entreprises ont été incapables de se mettre d’accord sur un cahier des charges commun.

Imbroglio judiciaire

Résultat, les savonniers de Marseille ont déposé en 2015 deux dossiers à l’INPI, l’organisme tentant aujourd’hui de les mettre d’accord. Quant aux couteliers de Laguiole, ils sont embourbés depuis des années dans un imbroglio judiciaire entre les communes de Thiers et Laguiole.

« Pour les produits alimentaires, il est simple de faire un lien avec un terroir, mais c’est plus compliqué pour un produit artisanal, qui a un process de fabrication complexe, des sources d’approvisionnement différentes… on savait que le dispositif serait plus compliqué », souligne Caroline Le Goffic, spécialisée en droit de la propriété intellectuelle à Paris-Descartes.

Concurrence asiatique

Pour l’instant, un seul dossier a été refusé au terme de l’enquête public, celui des espadrilles de Mauléon. D’autres, dans les tuyaux depuis 2018, sont bien partis : les charentaises, les tapisseries d’Aubusson, les tapis d’Aubusson, le grenat de Perpignan. L’INPI évoque « une cinquantaine de contacts » et « quatre à cinq homologations avant la fin de l’année ».

Car l’IG est un moyen de venir au secours de petites entreprises souvent laminées par la concurrence asiatique. A ce jour, les quatre homologations permettent de soutenir 124 entreprises (250 millions d’euros de ventes par an) avec 2.700 emplois à la clef. « Depuis l’IG, près de 13.400 sièges ont été vendus, cela a dynamisé les ventes », fait remarquer Francine Nicolas, présidente du Pôle lorrain ameublement bois (Plab), qui a porté le dossier des sièges de Liffol.

Marion KINDERMANS

lesechos.fr (02/07/18)

Plusieurs entreprises du secteur publicitaire s’engagent dans la lutte contre la contrefaçon avec la Commission

26/06/2018 (Agence Europe) – 26/06/2018 (Agence Europe) – La Commission européenne a annoncé, lundi 25 juin, la signature d’un protocole d’entente (‘Memorandum of understanding’) sur la publicité en ligne et les droits de propriété intellectuelle par 27 entreprises et associations du secteur publicitaire pour lutter contre la contrefaçon et le piratage sur Internet.
Objectif : minimiser le placement de publicité sur les sites Web et les applications mobiles qui enfreignent le droit d’auteur ou diffusent des produits contrefaits, pour réduire les revenus de ces sites. Ce protocole d’entente a été signé en marge du premier ‘Blockathon’ européen, un hackathon organisé du 22 au 25 juin par la Commission et l’Office de l’UE pour la propriété intellectuelle (EUIPO) pour lutter contre la contrefaçon et le piratage en ligne. La Commission s’emploie à lutter contre ce phénomène et a présenté une série d’initiatives non législatives fin 2017 (EUROPE 11915). (PH)

La lutte contre la contrefaçon s’invite dans les négociations post-Cotonou

Les parlementaires européens et des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique veulent une coopération accrue en matière de lutte contre les produits contrefaits dans le futur accord de coopération entre les deux blocs.

Alors que les négociations pour le renouvellement de l’accord de Cotonou doivent débuter en août 2018, la question des produits contrefaits s’est invitée à la table de négociation entre les parlementaires européens et leurs homologues des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

Réunis à Bruxelles entre le 18 et 20 juin à l’occasion de la 35e Assemblée parlementaire paritaire entre l’UE et les pays ACP, les élus ont appelé à ce que les deux blocs élaborent une stratégie commune de lutte contre « le commerce illicite des produits phytosanitaires, de semence et d’autres intrants (PPSI) ».

Contrefaçon de pesticides

Les députés ont adopté une résolution appelant à une coopération plus efficace contre l’exportation ou le transit de produits contrefaits, un fléau qui déstabilise la de nombreux pays ACP. Le trafic illégal de pesticides, interdits ou contrefaits, empoisonnent les sols agricoles, les exploitant et aussi les consommateurs finaux.

« La lutte efficace contre le trafic et l’insécurité alimentaire doit passer par la fourniture d’une assistance technique et financière, le renforcement de la coopération douanière et une lutte résolue des États membres de l’UE contre l’exportation ou le transit sur leur territoire de produits contrefaits » ont souligné les députés.

Pour accélérer la lutte contre le trafic de produits chimiques contrefaits, les députés des deux blocs ont appelé à la création « d’un fonds commun pour la recherche publique qui garantisse l’indépendance par rapport à l’industrie et le développement dans les différents secteurs de l’agronomie. ».

Négociations post-Cotonou

Cette session parlementaire était la dernière avant l’ouverture officielle des négociations entre les  78 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et l’Union européenne sur le cadre de leur future coopération.

Aujourd’hui les relations, commerciales, politiques et de coopération au développement entre les deux blocs sont régies par l’accord de Cotonou, qui arrive à échéance en 2020. Les partenaires doivent donc entamer  les négociations pour établir les bases de leur coopération après 2020.

« Nous souhaitons que le partenariat post-Cotonou comprenne un rôle renforcé de l’Assemblée paritaire ACP-UE. Cela permettra à cette Assemblée de continuer à jouer son rôle dans l’accord qui lui succédera, assurant ainsi une gouvernance multilatérale avec des objectifs communs au bénéfice des peuples », a déclaré Joseph Owona Kono (Cameroun), coprésident de l’assemblée pour les pays ACP.
L’accord de Cotonou a eu le mérite de concilier à la fois l’aide au développement, le commerce et le caractère politique de notre relation. Ces éléments devraient être amplifiés dans les futures relations. » a rappelé de son côté Louis Michel, le coprésident pour l’Union européenne de l’Assemblée parlementaire paritaire.

« J’espère que du côté européen les derniers blocages seront levés sous peu et que cela permettra au Conseil d’adopter rapidement le mandat de négociation », a-t-il ajouté.

En effet, le lancement officiel des négociations entre l’Europe et les pays ACP était bloqué par l’opposition de la Hongrie à l’adoption du  mandat de négociation, sur fond de divergence sur la question migratoire.

Un sujet devenu central dans les relations entre l’Europe et l’Afrique, et qui va prendre une ampleur nouvelle dans le cadre du futur partenariat.

Après plusieurs semaines de blocage, Budapest et les autres capitales se sont finalement accordées sur un mandat. Une décision qui devrait ouvrir la porte au début des négociations dans « les semaines à venir », a indiqué la Commission européenne dans un communiqué.

« Ce nouveau partenariat sera un puissant outil pour faire face ensemble aux défis auxquels nous devons apporter des solutions – qu’il s’agisse de lutter contre la pauvreté et les inégalités, des questions de paix et de sécurité, du changement climatique ou de croissance durable au bénéfice de tous. », s’est félicité le commissaire chargé de la coopération internationale et du développement, Neven Mimica, après la validation du mandat.

Cécile BARBIÈRE


EURACTIV (25/06/18)