La lutte contre la contrefaçon s’invite dans les négociations post-Cotonou

Les parlementaires européens et des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique veulent une coopération accrue en matière de lutte contre les produits contrefaits dans le futur accord de coopération entre les deux blocs.

Alors que les négociations pour le renouvellement de l’accord de Cotonou doivent débuter en août 2018, la question des produits contrefaits s’est invitée à la table de négociation entre les parlementaires européens et leurs homologues des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

Réunis à Bruxelles entre le 18 et 20 juin à l’occasion de la 35e Assemblée parlementaire paritaire entre l’UE et les pays ACP, les élus ont appelé à ce que les deux blocs élaborent une stratégie commune de lutte contre « le commerce illicite des produits phytosanitaires, de semence et d’autres intrants (PPSI) ».

Contrefaçon de pesticides

Les députés ont adopté une résolution appelant à une coopération plus efficace contre l’exportation ou le transit de produits contrefaits, un fléau qui déstabilise la de nombreux pays ACP. Le trafic illégal de pesticides, interdits ou contrefaits, empoisonnent les sols agricoles, les exploitant et aussi les consommateurs finaux.

« La lutte efficace contre le trafic et l’insécurité alimentaire doit passer par la fourniture d’une assistance technique et financière, le renforcement de la coopération douanière et une lutte résolue des États membres de l’UE contre l’exportation ou le transit sur leur territoire de produits contrefaits » ont souligné les députés.

Pour accélérer la lutte contre le trafic de produits chimiques contrefaits, les députés des deux blocs ont appelé à la création « d’un fonds commun pour la recherche publique qui garantisse l’indépendance par rapport à l’industrie et le développement dans les différents secteurs de l’agronomie. ».

Négociations post-Cotonou

Cette session parlementaire était la dernière avant l’ouverture officielle des négociations entre les  78 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et l’Union européenne sur le cadre de leur future coopération.

Aujourd’hui les relations, commerciales, politiques et de coopération au développement entre les deux blocs sont régies par l’accord de Cotonou, qui arrive à échéance en 2020. Les partenaires doivent donc entamer  les négociations pour établir les bases de leur coopération après 2020.

« Nous souhaitons que le partenariat post-Cotonou comprenne un rôle renforcé de l’Assemblée paritaire ACP-UE. Cela permettra à cette Assemblée de continuer à jouer son rôle dans l’accord qui lui succédera, assurant ainsi une gouvernance multilatérale avec des objectifs communs au bénéfice des peuples », a déclaré Joseph Owona Kono (Cameroun), coprésident de l’assemblée pour les pays ACP.
L’accord de Cotonou a eu le mérite de concilier à la fois l’aide au développement, le commerce et le caractère politique de notre relation. Ces éléments devraient être amplifiés dans les futures relations. » a rappelé de son côté Louis Michel, le coprésident pour l’Union européenne de l’Assemblée parlementaire paritaire.

« J’espère que du côté européen les derniers blocages seront levés sous peu et que cela permettra au Conseil d’adopter rapidement le mandat de négociation », a-t-il ajouté.

En effet, le lancement officiel des négociations entre l’Europe et les pays ACP était bloqué par l’opposition de la Hongrie à l’adoption du  mandat de négociation, sur fond de divergence sur la question migratoire.

Un sujet devenu central dans les relations entre l’Europe et l’Afrique, et qui va prendre une ampleur nouvelle dans le cadre du futur partenariat.

Après plusieurs semaines de blocage, Budapest et les autres capitales se sont finalement accordées sur un mandat. Une décision qui devrait ouvrir la porte au début des négociations dans « les semaines à venir », a indiqué la Commission européenne dans un communiqué.

« Ce nouveau partenariat sera un puissant outil pour faire face ensemble aux défis auxquels nous devons apporter des solutions – qu’il s’agisse de lutter contre la pauvreté et les inégalités, des questions de paix et de sécurité, du changement climatique ou de croissance durable au bénéfice de tous. », s’est félicité le commissaire chargé de la coopération internationale et du développement, Neven Mimica, après la validation du mandat.

Cécile BARBIÈRE


EURACTIV (25/06/18)