La contrefaçon explose en Europe

La commercialisation de produits contrefaits dans le monde atteint 460 milliards d’euros par an. Elle bondit dans l’UE où elle représente 6,8% des importations. La France est le second pays, derrière les États-Unis, dont les marques et les brevets sont piratés.

Le fléau de la contrefaçon se répand chaque année davantage. L’Europe et la France en particulier en sont les premières victimes. En 2016, le commerce de produits contrefaits représentait 6.8 % des importations de l’UE (contre 5 % en 2013), une somme proche de 120 milliards d’euros. Un montant d’autant plus considérable qu’il ne prend pas en compte les produits fabriqués et consommés sur les marchés intérieurs ou commercialisés via l’internet.

Au plan mondial, la contrefaçon représente 3,3% des échanges mondiaux (+32%) et un montant global de 450 milliards d’euros par an, estiment, dans leur rapport publié ce lundi, l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) et l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Marques et brevets français

La France est particulièrement affectée par ce fléau. En 2016, 17% des produits de contrefaçon saisis usurpaient des marques ou des brevets français. C’est un peu moins que les États-Unis (24%) mais davantage que les autres pays avancés, comme l’Italie (15 %), la Suisse (11 %) et l’Allemagne (9 %). Dans les pays émergents, deux places où sont fabriquées une grande partie des produits contrefaits – Hong Kong et la Chine – deviennent à leur tour une cible croissante de ces malversations.

Les deux-tiers des produits, essentiellement des chaussures, des vêtements, des articles en cuir, des équipements électriques et des médicaments, sont acheminés par la poste ou par messagerie expresse, en petits colis.

Ce commerce induit « un manque à gagner pour les entreprises et les finances publiques. Il alimente d’autres activités criminelles. Il constitue également un réel danger pour la santé et la sécurité des consommateurs », pointe le directeur de la Gouvernance publique de l’OCDE, Marcos Bonturi. Les faux médicaments, les risques d’incendie liées aux malfaçons de produits électroniques, les produits chimiques non conformes aux normes contenus dans les rouges à lèvres ou les laits maternisés, en sont des exemples.

Armelle Bohineust

lefigaro.fr (18/03/19)