La Chine, première source de contrefaçon dans les produits électroniques

D’après un rapport de l’OCDE, un téléphone mobile sur cinq et une console de jeux vidéo sur quatre qui traversent les frontières sont des faux.

La contrefaçon ne s’arrête pas aux sacs à main, vêtements, montres, chaussures ou parfums. Phénomène croissant dans le monde, le commerce des biens contrefaits ou piratés touche aussi très fortement les secteurs des produits high tech. A un point que beaucoup n’imaginait sans doute pas.

Un téléphone mobile sur cinq et une console de jeux vidéo sur quatre qui traversent les frontières sont des faux, révèle ainsi une étude publiée par l’OCDE. Batteries des smartphones, chargeurs, cartes-mémoires, clés USB, tablettes, ordinateurs portables… aucun produit n’est épargné. En moyenne, 6,5% des biens high tech échangés à travers la planète sont des produits de contrefaçon, estime le rapport.

Et l’appétit croissant des faussaires pour les produits électroniques va de pair avec celui des consommateurs à travers la planète. Tous secteurs confondus, la contrefaçon représente de l’ordre de 2,5% des biens expédiés dans le monde, indiquait une étude de l’OCDE l’an dernier. La proportion de produits high tech est donc bien supérieure et l’on peut même penser que ses derniers chiffres sous-estiment encore la réalité puisque ils s’appuient sur des données douanières de 2013.

Si la contrefaçon est un mal qui, dans certains pays producteurs, fait malgré tout vivre des pans entiers de l’économie, le manque-à-gagner pour les marques et l’économie formelle en général est considérable : « En 2013, la valeur du commerce mondial des biens TIC de contrefaçon a atteint 143 milliards de dollars », poursuivent les auteurs du rapport.

Sans grande surprise, la Chine est la première source de faux dans le domaine des produits électroniques. La deuxième économie mondiale reste encore l’usine du monde pour de nombreux produits de consommation et c’est de Chine que sont exportés près d’un tiers des produits électroniques. Inversement, ce sont les fabricants et marques américaines qui pâtissent le plus du manque à gagner : près de 43% du total des contrefaçons de biens high tech saisies portent atteinte aux droits de la propriété intellectuelle d’entreprises américaines, 25% à des entreprises finlandaises et 12% à des entreprises japonaises, indique l’OCDE.

La contrefaçon peut aussi s’avérer dangereuse pour la santé et la sécurité des consommateurs. « Dans le cas des téléphones, par exemple, un faux risque de contenir une plus grande quantité de substances dangereuses (par exemple, le plomb et le cadmium) que le modèle imité, tandis qu’un chargeur de contrefaçon peut provoquer des incendies et chocs électriques », explique l’étude.

Malgré la lutte menée par les douanes du monde entier, le poids des « faux » ne cesse de croître. Il faut dire que leur détection n’est pas évidente : près des deux tiers de ces faux sont expédiés par l’intermédiaire de services de livraison express ou postal.

Frédéric SCHAEFFER


Les Échos (30/03/17)