Aéroports parisiens : gare aux amendes à la douane au retour de voyage

Le Parisien, Quentin Laurent | 01 Juil. 2015, 19h20

« Pour les cigarettes on savait, mais pas pour la chicha », souffle Mathilde, assise dans une arrière-salle des services de la douane de l’aéroport d’Orly. De retour à Tunis avec son copain ce jeudi midi, la jeune fille a ramené 5 kg de tabac à narguilé dans leurs bagages, alors que la limite légale est de 250 g par personne.

Résultat : 450 € d’amende et 500 € à régler en taxes si elle veut repartir avec la totalité de sa marchandise. « Nan, je leur laisse le tabac », soupire la jeune fille, la peau tannée par le soleil tunisien, l’enthousiasme douché dès l’atterrissage.

« Les particuliers ne sont pas nos cibles prioritaires, mais par méconnaissance, ils se mettent dans l’illégalité bêtement, en rapportant des choses illicites ou en ne déclarant pas des biens », explique Christophe Bertani, directeur des services douaniers à Orly. A l’atterrissage, les douaniers ciblent les destinations « sensibles », d’où proviennent généralement les contrefaçons ou produits illicites, comme Amsterdam, le Maghreb ou les Antilles.

Max, massif gaillard de retour d’Oran (Algérie), s’est fait contrôler avec un nombre important de paquet de cigarettes. « Il a un tout petit plus qu’une cartouche, le maximum autorisé », explique un agent de douane. S’il n’est pas référencé comme « récidiviste », il s’en sortira avec un simple avertissement.

Que ce soit pour des produits sous-taxés à l’étranger dont le quota est limité par passager — une cartouche de tabac par passager si on arrive d’un pays hors de l’Europe par exemple — ou pour les contrefaçons, les produits périssables. « A Orly, on saisit pas mal de viande de brousse d’Afrique revendue à Paris car très consommés dans certaines communautés », détaille Christophe Bertani, soulignant le « risque sanitaire » que cela représente.

En 2014, 6,5 t de tabac ont été saisis (à des passagers lambda ou fraudeurs avérés) à Orly, plus de 30 000 articles de contrefaçons, 5 t de produits périssables et 100 articles relevant de la convention de Washington, qui interdit le commerce des espèces de faune et flore protégées.

« Le voyageur doit s’informer », insiste-t-on au service des douanes, histoire d’éviter de voir saisies ses baskets de contrefaçons, cigarettes, etc., ou d’être mis à l’amende, laissant un goût amer aux voyageurs de retour de la plage.

Contrefaçon, non-déclaration : ce que vous risquez

Un oubli de déclaration ou achat de contrefaçons peut coûter cher. En fonction de la gravité de l’infraction — le nombre de contrefaçons, non-déclarations ou une possible récidive — l’amende à payer peut s’élever entre une et deux fois la valeur de la marchandise. Mais à son tarif non contrefait. Une amende est d’un minimum de 50 € et peut grimper jusqu’à plusieurs milliers d’euros. « Acheter un faux sac Chanel peut revenir à plusieurs milliers d’euros », abonde-t-on aux services de la douane. Celui-ci est aussi saisi, car illégal. Pour les marchandises autorisées mais en nombre réduit, comme les cigarettes, il faudra s’acquitter d’une amende, plus des taxes françaises sur les cartouches qui sont hors quota.